Les automates truqués de Robert-Houdin (1805-1871) |
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Jean Eugène Robert-Houdin, horloger-mécanicien,
prestidigitateur et inventeur, est né à Blois le 6 décembre
1805 et mort à Saint Gervais près de Blois, le 13 juin
1871. Il est considéré comme étant le plus grand
illusionniste et prestidigitateur de tous les temps. Presque tous les
"grands trucs" de la magie actuelle proviennent des perfectionnements
de ses découvertes. |
l'ampoule électrique (à filament végétal) ainsi que le plastron électrique pour les escrimeurs, les portes automatiques, le compteur kilométrique et des appareils permettant aux ophtalmologistes d'étudier le fond de l'oeil. |
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L'attrait mystérieux
qu'exerçaient sur les foules les automates des Vaucanson, des Jaquet-Droz,
des Maillardet et de tant d'autres artisans réputés devait,
tôt ou tard, inciter les illusionnistes à ajouter la présentation
d'automates à leurs spectacles. |
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Vers la fin du XVIIIème
siècle, certains montreurs d'automates adoptèrent le système
des pédales. Dans son ouvrage posthume "Magie et physique
amusante", Robert-Houdin donne une description de ces systèmes
de mise en mouvement : "La pédale est un assemblage de trois
fils d'acier; deux d'entre eux sont fixes et forment ce qu'en terme de
mécanique on appelle une cage; le troisième est mobile et
peut s'élever au-dessus des autres lorsque l'on tire la ficelle.
Le ressort qui est en-dessous est chargé de ramener la tige à
sa place lorsqu'on lâche la ficelle. |
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Voici quelques descriptions des principaux automates de Robert-Houdin : |
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L'écrivain dessinateur : Robert-Houdin
raconte dans ses "Mémoires" qu'il avait conçu
les plans d'un automate sur lequel il avait fondé le plus grand
espoir. Il s'agissait d'un écrivain-dessinateur répondant
par des phrases ou des dessins emblématiques aux questions posées
par des spectateurs. |
De plus, dix-huit mois sont matériellement
insuffisants à un homme travaillant seul pour construire un tel
androïde (cf le passage sur la création de l'androïde
dans les "Mémoires"). Il faut rappeler à cette
occasion que les Jaquet-Droz avaient mis six ans pour faire le leur. |
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Le Garde-française : Robert-Houdin fait la
description suivante de cet automate à pédales : "On apportait
sur une table un petit automate revêtu du costume de Garde-Française
: il portait un mousquet et se tenait au port d'arme prêt à recevoir
un commandement. |
J'empruntais à plusieurs dames de l'assemblée quatre bagues et un gant blanc, j'en faisais un paquet et je le mettais dans le petit fusil que j'avais préalablement chargé et amorcé. - Tenez, disai-je à mon Garde-Française, je vous rends votre arme contenant un gant et quatre bagues; montrez maintenant votre adresse, en envoyant tous ces objets sur ce point de mire. Je lui montrais une colonne en cristal qui se trouvait sur une autre table. L'automate mettait en joue, posait le doigt sur la gâchette, visait, au signal que je lui donnais, faisait feu. Les objets contenus dans le fusil étaient projetés sur la colonne, et le gant, gonflé comme s'il eût été porté par une main invisible se dressait sur le sommet du cristal, étalant à chacun de ses doigts une des bagues qui m'avaient été confiées." |
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Le pâtissier du Palais royal :"Voyez ce charmant petit automate; à l'appel de son maître il vient sur le seuil de sa porte et, fournisseur aussi poli que pâtissier habile, il salue et attend les commandes de sa clientèle. Des brioches chaudes et sortant du four, des gâteaux de toutes espèces, des sirops, des liqueurs, des glaces, etc sont aussitôt apportés par lui que commandés par les spectateurs et, quand il a satisfait à toutes les demandes, il aide son maître dans ses tours d'escamotage". |
Cet automate, aussi célèbre
que mystérieux, était actionné par un jeune garçon
assis en tailleur dans la partie arrière de la boutique. Au dessus
de la porte et des fenêtres se trouve un espace libre, sorte de
grenier, où se placent les gâteaux et les boissons que l'enfant
dépose sur le plateau présenté par le pâtissier,
et cela par une trappe aménagée au plafond de la boutique,
lorsque les portes en sont fermées. |
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L'oranger fantastique : Robert-Houdin empruntait un mouchoir à une dame, en faisait une boule qu'il mettait à côté d'un oeuf, d'un citron et d'une orange. Ces quatre objets disparaissaient les uns dans les autres et lorsqu'ils étaient tous réunis dans l'orange, cette dernière servait à composer une liqueur fantastique. Pour cela l'orange était pressée entre les mains de Robert-Houdin où elle se réduisait de grosseur et devenait une poudre qui passait dans un flacon contenant de l'esprit-de-vin. |
Quelqu'un apportait alors l'oranger dépourvu
de fleurs et de fruits. Un peu de la liqueur fantastique et inflammable
était versée dans un vase que l'on plaçait sur l'arbuste
après y avoir mis le feu. On y voyait les branches se charger de
fleurs, qui étaient ensuite remplacées par des fruits distribués
aux spectateurs sauf une seule orange, laissée sur l'arbre, qui
s'ouvrait en quatre parties, et dans laquelle on apercevait le mouchoir
emprunté. Deux papillons battant des ailes le prenaient par les
coins et le déployaient en s'élevant en l'air. |
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Antonio Diavolo le voltigeur au trapèze
: Dans ses "mémoires", Robert-Houdin écrit :
"J'apportais mon jeune artiste de bois entre mes bras, comme je l'eusse
fait pour un être vivant, je le posais sur le bâton d'un trapèze, et
là je lui adressais quelques questions auxquelles il répondait par des
signes de tête.Vous ne craignez pas de tomber? |
Alors, aux premières mesures de l'orchestre,
il saluait gracieusement les spectateurs, en se tournant vers toutes les
parties de la salle, puis se suspendant par les bras, et suivant la mesure
de la musique, il se faisait balancer avec une vigueur extrême. |
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Cette figure fonctionne par tirage et par pédales. Une série de huit fils part de la coulisse de gauche, passant par des poulies fixées au haut de la scène, puis sur d'autres poulies placées au sommet de ce qui semble être les cordes du trapèze mais qui, en réalité, sont des tubes creux, pour aboutir aux deux extrémités du bâton du trapèze, creux également. Deux jeux de poulies placés à ces deux extrémités, renvoient ces fils au centre du bâton où ils actionnent un jeu de six |
petites pédales très courtes
fonctionnant à la hauteur du bâton, à l'endroit où
se placent les mains de l'automate. |
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Tout cela est obtenu par ces pédales, ces leviers : amplification du mouvement de l'intérieur du corps de l'automate par mouvements différentiels. Seul le mouvement de balancement du trapèze n'est produit que par le mouvement tournant du bâton qui entraîne le déplacement du petit personnage. Un dispositif des plus ingénieux, mais très compliqué, empêche les fils de se vriller et de se coincer quand le trapèze tourne. |
C'est par un subterfuge fort bien conçu,
que Diavolo peut lâcher les mains lorsqu'il est suspendu par les
jarrets. Deux tubes plats sont logés dans les deux bras, par lesquels
passent les tiges des leviers et ces tubes ne quittent pas le trapèze.
Ce sont deux faux bras (ouverts d'un côté) seuls qui tombent,
les tubes restant collés contre le corps. Ces tubes étant
recouverts de velours rouge semblable à celui de la veste de l'automate,
sont invisibles. |
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La leçon de chant : Robert-Houdin est
l'auteur de plusieurs véritables automates ayant pour thème
une leçon de chant prodiguée par une jeune femme à
un oiseau. |