| Le Musée de Neuchâtel ( Suisse ) abrite depuis 1909 trois des plus beaux androïdes qui existent encore aujourd'hui. Construits à partir de 1770 par Pierre Jaquet-Droz, son fils, | ||||||||||||||||||||||||||
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Henri-Louis, et quelques |
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Photo : Musée d'Art et d'Histoire
de Neuchâtel
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Issu d'une famille aisée neuchâteloise, Pierre Jaquet-Droz,
s'intéressa particulièrement à la mécanique appliquée Le prospectus d'exhibition de l'époque nous décrit l'androïde : "Haut d'environ 70 cm, installé, plume d'oie en main, devant une petite table en acajou, |
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Pierre Jaquet-Droz
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il a la tête et les yeux mobiles. Dès que son mécanisme
est en marche, il trempe sa plume dans l'encre, la secoue deux fois, pose
sa main en haut de la page et s'arrête. Il faut alors appuyer sur un levier
pour qu'il se mette à écrire, en observant les pleins et les déliés. Il
respecte les espaces, change de ligne, met un point final et s'arrête."
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Photo : Jean-J. Luder
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"L'écrivain" Photo :
Jean-J. Luder
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![]() Photo : Jean-J.Luder |
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Quelques pages d'écriture de"
l'écrivain"
Animation Flash |
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Certains auteurs expliquent que cet
automate est l'ancêtre de l'ordinateur. Ceci est certainement fondé puisqu'il
se compose d'un "programme" et d'une "mémoire". Le "programme", un rouage,
permet de choisir les mots que l'on veut que l'androïde écrive, et la
"mémoire", constituée par l'ensemble des cames, permet de former les lettres.
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Disque de programmation
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Détail du disque de programmation
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Mécanisme interne de l'écrivain
Photo : Jean-J.Luder
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| "La seconde figure représente un (autre) enfant de deux à trois ans, assis sur un tabouret, et dessinant sur un pupitre placé devant lui, différents petits sujets. | ||||||||||||||||||||||||||
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Cet automate exécute proprement divers dessins, |
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Photo : Jean-J. Luder
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Le "dessinateur"
Photo : Jean-J. Luder |
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Pour cet effet, il écarte de temps en temps la main
comme pour voir plus à découvert ce qu'il fait. Les divers mouvements
des yeux et de la main imitent exactement la nature".
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Photo : Jean-J.Luder
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| Rajoutons à cette description le fait que l'androïde souffle de temps en temps sur son dessin afin d'en chasser la poussière de crayon. | ||||||||||||||||||||||||||
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Mécanisme interne du dessinateur
Photo : Jean-J.Luder
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Exécuté principalement par Henri Louis Jaquet-Droz, secondé par l'habile mécanicien Jean Frédéric Leschot, il est aujourd'hui capable de réaliser 4 dessins différents : "Le papillon conduit par l'amour", "Mon toutou", "Le profil de Louis XV" et "Le Profil de Louis XVI et de Marie-Antoinette". |
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| Enfin, le troisième androïde est une musicienne réalisée principalement par Henri-Louis qui fit des études musicales. | ||||||||||||||||||||||||||
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"Cet automate dont le corps, la tête, les yeux,
les bras et les doigts ont divers mouvements naturels, exécute elle-même
sur un orgue indépendant, 5 morceaux de musique
avec beaucoup de précision : sa tête et ses yeux étant mobiles en tous
sens, elle porte alternativement ses regards sur la musique et sur ses
doigts, et à la fin de chaque air, elle fait une révérence à la compagnie,
par une inclination du corps et un mouvement de tête. Sa gorge se soulève
et s'abaisse alternativement si régulièrement qu'on croirait la voir respirer."
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Photo : Jean-J. Luder
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| La musicienne des Jaquet-Droz est le seul des trois automates à produire de la musique. En effet, si dans la majorité des automates postérieurs à cette époque, la musique qui | ||||||||||||||||||||||||||
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leur est propre est consécutive à la mise en vibration
des lames du clavier d'une boîte à musique - invention dûe, en 1796 à
Antoine Favre de Genève - l'orgue, comprenant flûtes, soufflets et pilotes
etc... sur lequel joue la musicienne, avaient été exécutés par le spécialiste
Jean-Philippe Matiatek, un hongrois établi à la Chaux-de-Fonds.
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Détail de la Musicienne |
Quand l'envers vaut l'endroit
Photo Jean-J. Luder |
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Photo : Jean-J Luder
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Henri-Louis Jaquet-Droz, influencé par le succès
des trois premiers automates, construisit deux répliques de l'écrivain
et du dessinateur ainsi qu'une réplique de la musicienne.
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Photo : Jean-J.Luder
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Photo : Jean-J.Luder
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| Il s'agissait en fait, pour les deux premiers, de deux automates qui exécutaient à la fois des caractères et des dessins. Ces androïdes étaient plus simples que les originaux et ne permettaient pas d'exécuter des inscriptions ou des dessins programmables. | ||||||||||||||||||||||||||
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Les dessins exécutés par les automates étaient plus
détaillés mais ne respectaient pas les pleins et les déliés. Parmi ceux-ci,
citons :
"Georges, prince de Galles" dans lequel on peut voir le roi debout, le coude posé contre le dos de son cheval, "Un chien", "Georges III d'Angleterre" sur son trône et deux dessins représentant des personnages chinois dont "la déesse Koua-nin et un génie marin". |
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Quant à la réplique de la musicienne, voici une description
complète trouvée en 1830 dans l'Encyclopédie d'Edimbourg et rédigée par
David Brewster : "L'automate représente une très belle femme assise devant
un piano forte sur lequel elle exécute 18 airs différents. Indépendamment
de la musique qui est produite par la pression des doigts sur les touches,
tous ses mouvements sont élégants et gracieux; ils imitent si bien la
vie que même de tout près il peut y avoir illusion." "Il faut remarquer que l'instrument a l'aspect d'un piano mais c'est en réalité un orgue dont les soufflets sont mis en action par certaines parties du mécanisme." "Quant aux mouvements de l'androïde, ils sont commandés par six grands ressorts qui lui permettent de se produire durant toute une heure. Les diverses parties concernant ce mécanisme sont extrêmement compliquées et admirablement combinées en vue du but cherché. Vingt cinq transmissions produisent les différents mouvements du corps; d'autres qui partent du centre aboutissent aux diverses parties de l'automate. Un volant en laiton sert de régulateur à l'ensemble." "La figure est construite de telle façon qu'on peut la mouvoir facilement, elle s'ouvre dans sa partie médiane. On la renferme dans une grande vitrine et elle repose sur un socle d'acajou qui contient le mouvement principal, ainsi que l'artiste le fait voir." Dans "Le monde des automates", Alfred Chapuis note "qu'il est étonnant qu'un automate de cette valeur n'ait plus fait parler de lui... Il y a beaucoup de chances pour qu'elle ait fait partie également du fameux "Musée américain". |
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Barnum écrit en effet dans
ses Mémoires : "Parmi les 100.000 curiosités il y avait une infinité d'automates
musiciens, des mécaniques et des scènes mouvantes, faites à Paris et à
Genève".
La belle Roxlane (la musicienne) a donc peut-être partagé le sort de son frère l'écrivain-dessinateur, lors de l'incendie du "Musée américain" en 1865". |
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Le fameux "Musée américain"
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